Le gouvernement du Québec propose de revoir la norme sur les véhicules zéro émission (VZE). Si l’ajustement de la cible de 2035 à 80 % peut s’entendre comme une « soupape de sécurité » politique pour les usages d’exception, le véritable problème réside dans l’affaissement des cibles intermédiaires (notamment pour 2027 et 2030).
Dans le mémoire que je viens de déposer dans le cadre de la consultation publique (https://consultation.quebec.ca/processes/modifications-norme-vze), j’aborde cet enjeu sous l’angle de la planification des réseaux et de l’économie de l’énergie.
Quelques points saillants de mon analyse :
- La fausse contrainte de l’approvisionnement : Le marché québécois est modeste à l’échelle mondiale. Réduire nos exigences n’aide pas nos concessionnaires : cela incite plutôt les constructeurs à rediriger leurs inventaires de VE vers des marchés plus contraignants, créant une rareté artificielle ici même.
- L’opportunisme réglementaire : Fléchir devant les pressions envoie un signal de faiblesse et décourage les investissements nécessaires, notamment dans la formation technique chez les concessionnaires.
- La gestion du réseau électrique : La pointe hivernale se gère très bien grâce à la recharge intelligente et au potentiel du V2G (véhicule-réseau). De plus, les cycles d’hydraulicité actuels sont temporaires et ne doivent pas freiner notre transition.
Pour préserver la souveraineté énergétique du Québec et donner de la prévisibilité aux marchés, la solution passe par le maintien de cibles intérimaires ambitieuses.
Vous pouvez consulter l’intégralité de mon mémoire ici :